Trouver son ikigai : comment retrouver ce qui rend ta vie vivante
- Anne-lise le Maître
- il y a 2 jours
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Il y a des périodes de ta vie où tu te rends compte que tout n'est que fonctionnel… et que plus rien n’est véritablement vivant, épanouissant.
Tu fais ce qu’il faut. Tu assumes. Tu avances. Et pourtant, quelque part à l’intérieur de toi, il y a comme une absence de goût. Une sensation diffuse que la vie se déroule sans vraiment te rencontrer.
Ce n’est pas forcément spectaculaire. Ce n’est pas toujours une crise importante. Parfois, c’est juste une lassitude tranquille, un léger décalage, une fatigue qui ne dit pas son nom.
Dans ces moments-là, beaucoup de personnes cherchent un mot, un repère, une boussole pour comprendre ce qui se passe en eux, ou mieux encore une méthode pour retrouver de la saveur, ce qui les fait vibrer. C'est dans ce contexte qu'est apparu l’un des concepts les plus populaires de ces dernières années : l’ikigai.
Mais l’ikigai, tel qu’il circule aujourd’hui, est souvent mal compris. Car il a beaucoup été simplifié, instrumentalisé et finalement transformé en méthode de définition de ce qui pourrait être le “job parfait”.
Alors que, dans son sens originel japonais, l’ikigai est à la fois beaucoup plus simple… et beaucoup plus profond.
Dans cet article, je te propose une approche claire et humaine de l'ikigai :
ce que l’ikigai signifie vraiment ;
pourquoi le fameux diagramme des 4 cercles est trompeur ;
et comment retrouver plus globalement ton fil de vie, sans pression ni injonction.
Ikigai : définition (au sens originel japonais)
Le mot ikigai (生き甲斐) peut se traduire par :
"ce qui donne à la vie sa valeur et sa saveur".
L'ikigai c’est ce qui fait que, malgré les difficultés, ta vie vaut la peine d’être vécue.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’ikigai n’est pas forcément :
un travail ;
un projet grandiose ;
une mission exceptionnelle ;
ou un accomplissement spectaculaire.
Au Japon, il peut s’agir de choses très simples :
une relation ;
une responsabilité ;
une pratique quotidienne ;
un art discret ;
un lien à un lieu ;
un rythme ;
une curiosité qui te met en mouvement.
Ce qui compte, ce n’est pas l'importance de l’ikigai, mais le rapport vivant que tu entretiens avec lui.
Sur le plan psychologique, les chercheurs qui ont étudié l’ikigai parlent souvent de deux dimensions indissociables qui doivent être présentes :
des sources qui donnent sens et valeur à la vie ;
et un ressenti intérieur : “ma vie a de la valeur grâce à cela”.
Autrement dit : l’ikigai n’est pas une idée brillante dans ta tête. C’est une expérience vécue, ressentie, nourrie dans la durée.

Le contresens populaire : “l’ikigai serait le point parfait au centre de 4 cercles”
Tu as probablement déjà vu ce schéma en 4 cercles. Il met en valeur :
ce que tu aimes ;
ce en quoi tu es doué.e ;
ce dont le monde a besoin ;
ce pour quoi tu peux être payé.e.
Ce diagramme, qui place au centre de ces 4 cercles ton Ikigai est devenu viral…mais il ne vient pas du Japon.
Il s’agit en réalité d’une construction occidentale, issue de modèles de “purpose” et de coaching, qui a ensuite été rebaptisée “ikigai” pour lui donner une légitimité culturelle.
De nombreuses analyses, y compris dans des médias sérieux, soulignent aujourd’hui que ce schéma donne une vision de l'ikigai :
réductrice ;
irréaliste ;
et parfois culpabilisante.
Car il sous-entend que ton ikigai devrait forcément être :
ton travail ;
monétisable ;
utile au monde ;
parfaitement aligné avec tes talents ;
et stable dans le temps.
Or, dans la réalité :
l’ikigai peut être hors du travail ;
ne jamais être monétisé ;
être multiple ;
et évoluer selon les saisons de ta vie.
Ce que ce diagramme en 4 cercles fait perdre
En réalité, en simplifiant l’ikigai à un point d’équilibre qui serait parfait, on perd l’essentiel.
On transforme un fil de vie en objectif de performance.
On confond sens et carrière.
On installe une pression sourde :“si je n’ai pas trouvé LE truc, c’est qu’il y a un problème chez moi.”
Et surtout, on oublie :
le corps ;
l’après-coup ;
la durée ;
la régularité.
Alors qu'en réalité, souvent, l’ikigai se trouve et se reconnaît non pas dans l’éclair qui permet de le déterminer avec cette méthode, mais dans ce à quoi tu reviens naturellement, encore et encore.
Ce que l’ikigai n’est pas
Avant de se mettre en quête de son ikigai, il est donc parfois plus juste de désamorcer les malentendus à son sujet.
1) L’ikigai n’est pas forcément ta vocation professionnelle
Tu peux avoir un travail "alimentaire" ou exigeant, et trouver ton ikigai ailleurs : par exemple, dans le lien, la création, le soin, l’apprentissage, la présence.
2) L’ikigai n’est pas un destin unique
Il peut être pluriel : être constitué de plusieurs sources d'épanouissement, qui, ensemble, rendent ta vie plus habitable.
3) L’ikigai n’est pas une injonction au bonheur
Il n’efface pas les difficultés. Il te donne un point d’appui (ou plusieurs) pour les traverser.
Ikigai : à quoi ça sert, concrètement ?
1) Retrouver un axe interne quand tout bouge
L’ikigai agit comme une boussole intérieure : pas pour contrôler ta vie, mais pour t'éviter de te perdre.
2) Réconcilier plaisir et profondeur
Les chercheurs distinguent souvent deux aspects du bonheur :
un bonheur plus hédonique (qui procure plaisir, confort et permet d'éviter les souffrances),
et un bonheur plus eudémonique (qui procure sens, accomplissement et croissance personnelle).
L’ikigai se situe plutôt dans ce second registre : ce qui te construit, te relie, te rend plus vivant.
3) Soutenir la santé
Certaines études japonaises associent l’absence de sentiment d’ikigai à une augmentation du risque de mortalité toutes causes confondues, notamment cardiovasculaires.
L'ikigai n’est pas une promesse magique de bonne santé. Mais c’est un signal fort : le sens n’est pas accessoire à la vie.
Comment trouver son ikigai… sans tomber dans le mental
Je vais être honnête avec toi :on ne “trouve” pas toujours son ikigai, aussi facilement qu'on trouve une réponse à un test.
Souvent, on le retrouve. Sous des couches de fatigue, d’adaptation, de survie, d’attentes.
Je te propose une approche en 5 mouvements, simples et incarnés.
La méthode en 5 mouvements pour retrouver ton axe intérieur et ton ikigai
Je te propose une méthode simple pour revenir en douceur et sans pression à ce qui te rend vivant(e).
Mouvement 1 — Repérer les “instants-vivants”
Pendant 7 jours, note chaque jour une seule chose qui t’a procuré :
un apaisement discret ;
une envie de continuer ;
une sensation de justesse ;
une présence inhabituelle.
Il n'y a pas besoin que ce soit utile. Il faut seulement que cela soit juste et vivant pour toi.
Souvent, l’ikigai se cache dans ce que tu fais naturellement…quand tu n'es pas soumis.e au regard extérieur.
Mouvement 2 — Séparer l’élan et l’injonction
Pour chaque instant-vivant, demande-toi :
Est-ce que ça me nourrit avant ? (élan)
Est-ce que ça me nourrit après ? (accomplissement)
Ou est-ce que ça me rassure parce que “c’est bien” ? (injonction)
L’ikigai laisse souvent une trace après coup :une densité calme, un “ça valait le coup”.
Mouvement 3 — Identifier tes sources d’ikigai (au pluriel)
Classe tes "instants-vivants" qui reviennent le plus souvent dans ces grandes familles :
Lien (prendre soin, transmettre, appartenir)
Création (faire, écrire, cuisiner, imaginer)
Maîtrise (apprendre, affiner, comprendre)
Contribution (alléger une charge, être utile)
Beauté & présence (nature, silence, art)
Sens & verticalité (philosophie, spiritualité, recherche intérieure)
Tu verras : ton ikigai est souvent un alliage de plusieurs choses, pas un point unique.
Mouvement 4 — Rendre ça praticable
Choisis un seul instant-vivant, à répéter dans la semaine. En fonction de ce qui t'appelle, cela peut-être :
20 minutes de marche ;
30 minutes d’écriture ;
un geste de soin ;
un rendez-vous relationnel ;
une action de contribution.
L’ikigai n’a pas besoin d’un grand saut. Il a besoin d’un rythme qui s'installe.
Mouvement 5 — Tester l’écologie de ces instants-vivants
Pose-toi ces trois questions :
Est-ce que ça me nourrit sans me consumer ?
Est-ce que ça respecte mon énergie ?
Est-ce que ça m’ouvre… ou m’enferme ?
Si ça te dévore, ce n’est pas forcément faux. Mais ce n’est pas encore ajusté.
Ikigai : les 4 erreurs classiques
Chercher un “grand pourquoi” quand on est épuisé Quand on est en survie, il n'est pas judicieux de se questionner davantage, ou de chercher à donner un sens trop grand à sa vie ; on cherche plutôt à tenir plus agréablement. Il ne faut donc pas hésiter à commencer petit, pour ressentir ces fameux "instants-vivants" : ces moments simples qui apaisent, donnent l'envie de continuer ou procurent une sensation de justesse.
Confondre ikigai et réussite L’ikigai est un repère fondamentalement interne. Tandis que la réussite est un repère social. Il faut souvent s'affranchir du regard extérieur pour choisir son ikigai.
Croire que ton ikigai doit être monétisable Non. Et c’est précisément le piège du diagramme en 4 cercles tel qu'il est maintenant proposé.
Vouloir une réponse immédiate L’ikigai est une relation à soi et au monde. Ça se cultive tranquillement, sans pression.
Mini-pratique immédiate pour te reconnecter à ce qui te nourrit vraiment
Réponds, sans trop réfléchir aux quatre questions suivantes :
Qu’est-ce qui me rend un peu plus moi ?
Qu’est-ce que je fais avec une qualité de présence particulière ?
Qu’est-ce que je regretterais de ne plus jamais faire ?
Qui suis-je quand je ne cherche pas à être validée ?
👉 Tu viens de te reconnecter à ton fil intérieur, il te reste maintenant à dérouler la pelote en provoquant ces moments qui te nourrissent plus particulièrement.
En conclusion
Ne considère pas l’ikigai comme un objectif à atteindre, mais plutôt comme une manière d’habiter ta vie.
Ton ikigai n’est pas forcément ce qui te fait briller. C’est ce qui te fait tenir, aimer, revenir à toi.
Et si aujourd’hui tu ne trouves rien, ce n’est pas forcément qu’il n’y a rien. C’est souvent que ton fil est encore recouvert par la fatigue, les attentes, la densité de ton histoire, un trop-plein.
👉 Lire également l'article : 21 questions de journaling pour retrouver ton ikigai.
FAQ
L’ikigai, c’est forcément un travail ?
Non. Ton Ikigai peut être une relation, une pratique, un rôle, un lien.
Le diagramme ikigai est-il “vrai” ? C'est un diagramme utile comme outil de coaching, surtout si tu es dans une recherche d'épanouissement spécifiquement professionnel. Mais ce diagramme n'est pas issu du Japon et il réduit le concept de l'ikigai.
Peut-on avoir plusieurs ikigai ? Oui, selon les périodes de vie.
Pourquoi je n’arrive pas à sentir mon ikigai ? Souvent à cause de la fatigue ou de la confusion entre "sens" et "performance".
Qui suis-je
Je m’appelle Anne-Lise, et depuis près de dix ans, j’accompagne les âmes sensibles, en quête de sens ou de transformation, à mieux comprendre qui elles sont, dans toute leur complexité. Médium clairaudiente, énergéticienne et karmathérapeute, passionnée par les archétypes et le travail de l'ombre, je t’aide à écouter ce que ton âme sait déjà mais que ta conscience n’ose parfois pas encore entendre.
Ma pratique est intuitive, symbolique, et profondément respectueuse de ton rythme. Je ne cherche pas à te « guérir » à ta place, mais à te transmettre des clés pour que tu puisses incarner ta transformation en toute autonomie.
Sur ce blog, tu trouveras des outils, des réflexions, des rituels et des pratiques pour t’explorer avec douceur, lucidité et poésie.
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